Des hommes et des aigles
C’est sans doute l’un des endroits les plus mystérieux, les plus secrets et les plus beaux d’Algérie. Il vous offre le spectacle ahurissant de tout un village niché dans le creux d’une falaise sur une même ligne.
Au premier regard posé sur ces habitations troglodytes nichées là où seuls les aigles peuvent avoir accès, un sentiment étrange vous envahit. L’impression d’avoir tout à coup remonté le temps, et
une plongée dans un passé vieux de plusieurs siècles s’empare de vous pour ne plus vous lâcher.
Situé au fin fond des Aurès, dans l’un de ces nombreux et splendides canyons qu’abrite l’Ahmer Kheddou, Tajjmint (Djemina) est
un site naturel et historique que peu de gens ont foulé du pied. Pourtant, il passe pour être la forteresse secrète de la reine berbère Dihya, passée à la postérité sous le nom de la Kahina. Le
site aurait également été utilisé par un «aguellid» (roi) berbère du nom de Yabdas dans sa lutte contre les Byzantins en 539.
Cette place forte se situe sur le territoire de la commune de Tkout, à près de 40 kilomètres de piste du chef-lieu de la commune. Pour cause de route coupée à la circulation, nous avons dû faire un détour de 140 kilomètres, contourner par l’est le massif des Aurès, prendre à travers les plaines de Biskra et Zeribet El Oued avant de reprendre le chemin de la montagne. Ce n’est pas tout, il faut se faire identifier à deux barrages militaires avant d’accéder à cette merveille de la nature qui abrite l’un des sites d’habitation les plus vieux du monde avec des maisons troglodytes nichées dans une falaise et une forteresse inaccessible au sommet d’un promontoire rocheux dont la simple vue vous laisse bouche bée.
Imaginez une forteresse bâtie sur un nid d’aigle, coiffant une falaise haute comme un bâtiment de quinze étages. La légende dit qu’elle a plusieurs entrées secrètes mais on ne lui connaît pour accès qu’un seul passage. Sauf à être un audacieux monte-en-l’air, personne ne peut se risquer dans une escalade aussi difficile. Il faut s’engager sur un sentier abrupt où l’on peut à peine poser le bout de ses orteils avant de s’engouffrer dans un étroit boyau où l’on monte à la force des pieds et des mains. Jadis, des piquets de bois fichés dans la roche facilitaient l’escalade, aujourd’hui, la plupart de ces piquets sont tombés en ruine. Des amis de Tkout nous ont servis de guides dans cette escapade, et deux jeunes ont néanmoins réussi l’exploit d’arriver jusqu’au sommet. Vus du fond du canyon, ils avaient l’air d’un couple de lilliputiens.
La falaise, haute d’une soixantaine de mètres, court sur près d’un kilomètre. Sur le toit de cette falaise, c’est tout un village de maisons de pierres sèches et de greniers qui a été construit.
Des bassins creusés dans la roche servent à recueillir l’eau de pluie. Ainsi réfugiés sur cette arête de grès, les habitants pouvaient vivre en complète autarcie ou soutenir des mois de siège
face aux envahisseurs.
Bien avant de partir à l’assaut du site qui abrite les maisons troglodytes, nous longeons le lit de oued Mestaou où ne subsiste qu’un petit ruisseau qui ne cesse de former bassins et vasques au
milieu de gigantesques pierres polies par les temps et les eaux. Pendant des millions d’années, l’eau a patiemment creusé la roche pour tracer sa route. De part et d’autre, les falaises sont si
hautes qu’elles donnent le tournis.
L’eau finit par se jeter du haut d’une cascade de 30 mètres dans un petit lac aux eaux d’émeraude alors que la falaise poursuit sa course sur notre droite sur des centaines de mètres. D’autres habitations troglodytes sont visibles tout le long de cette falaise. On peut «aisément» accéder au pied de la falaise qui abrite les habitations troglodytes, mais il n’est pas donné à tout le monde d’en faire l’escalade. Tandis que l’audacieux Salim Yezza escalade pieds nus les parois lisses jusqu’aux habitations pour nous rapporter quelques photos, nous nous contentons sagement des premières marches naturelles. Sur certains passages, le frottement des mains des siècles durant a rendu la roche lisse et polie comme du marbre. Des trous creusés dans la roche à intervalles réguliers témoignent que les passages étaient sans doute balisés par des garde-fous.
D’après les guides, l’endroit était encore habité jusqu’aux années 1950. Aujourd’hui encore, il n’est guère facile d’imaginer comment ces hommes ont fait pour construire leurs maisons avec des pierres aussi lourdes, des troncs d’arbre et de la terre. Une performance sans doute unique dans l’histoire. Pour avoir érigé des villages dans un milieu aussi hostile et des conditions aussi extrêmes, pour avoir utilisé un espace aussi réduit à leur avantage, les montagnards des Aurès ont fait montre d’un génie bâtisseur rarement vu dans l’histoire, un cas d’école pour tous les architectes du monde. Encore une fois, on retrouve cet atavisme des Algériens à saborder des cartes maîtresses en matière de tourisme que peu de pays possèdent. Aujourd’hui, ce patrimoine de l’humanité toute entière est en train de tomber en ruine. Une partie de la falaise s’est récemment effondrée en emportant avec elle quelques maisons. Si rien n’est fait, dans quelques années, il ne restera plus grand-chose de ce site unique. Les autorités en charge du secteur ont pour devoir de le sauvegarder car ce serait véritablement un crime que de laisser disparaître à jamais ce legs des ancêtres.
Bougie
Vaga (phénicien), Saldae (romain), Naciria (au temps du prince Al Nasir), Bgayet (berbère), Bougie, Bugia, Buggea, Béjaïa (arabe) est réputée pour avoir été le lieu de
naissance des bougies et de diffusion des chiffres arabes en Europe.
Point de contact entre le Maghreb et l’Europe, Béjaïa a entretenu des relations commerciales et diplomatiques avec Pise, Gênes, Majorque, Catalogne, Marseille, Venise. Lieu de dialogue inter-religieux, elle a réuni des savants musulmans et chrétiens. Centre d’enseignement supérieur, elle était connue pour ses institutions de renommée, telles que la Grande Mosquée, Madinat El’Ilm, l’Institut Sidi Touati, la Khizana Sultaniya. Et il a fallu attendre 2007 et notamment la manifestation «Alger, capitale de la culture arabe» pour que l’histoire de cette ville-lumière soit rendue publique grâce à l’exposition organisée par le Centre national de recherches préhistoriques, anthropologiques et historiques (CNRPAH) en collaboration avec le Groupe d’études sur l’histoire des mathématiques à Bougie médiévale (Gehimab). Son objectif ?
«Célébrer la transmission et la diffusion du savoir à partir de cette cité et de sa région dont le prince Al Nasir fit, en 1067-1068, la grande capitale qui rayonna sur la Méditerranée». En 2008,
un ouvrage rassemblant des articles et des textes illustrés qui présentent une version synthétique de l’exposition a été édité par le CNRPAH et il vient, cette année, d’être réédité. Ce livre pluridisciplinaire, publié en langues arabe et française, est structuré en deux parties. Il est enrichi de documents
iconographiques et d’éléments bibliographiques précieux.
Les articles, qui constituent la première partie, traitent de l’histoire de Béjaïa à travers différentes temporalités. «L’abri sous-roche préhistorique d’Afalou Bou Rmel», de Slimane Hachi,
directeur du CNRPAH, examine les sépultures de l’homme de Mechta-Afalou, de type Cro-Magnon, et les objets d’art figuratif en terre cuite découverts dans une nécropole située dans la cavité
d’Afalou Bou Rmel, lors des fouilles de 1983-1993. L’analyse de cette découverte a mis au jour les habitus funéraires, culturels et sociaux de l’homme de Mechta-Afalou qui a occupé les
territoires nord avant le XXe millénaire. Elle a ainsi permis de livrer des données relatives au domaine funéraire de la société ibéromaurusienne ; d’examiner les modes d’ensevelissement et
d’inhumation ; de renseigner sur l’unité du groupe. Par ailleurs, ces figurines en terre cuite ont mis en évidence la maîtrise des techniques de représentation par l’homme de Mechta-Afalou et
posent la question de l’ancienneté de la présence de l’art figuratif dans cette région. Le second article traite de la
période des royaumes numides. Jean-Pierre Laporte y analyse les structures sociales berbères anciennes, dites lybiques, à travers les stèles du groupe de Kabylie, découvertes à Aïn El Hammam et
dans la Vallée de la Soummam.
La stèle Abizar, qui est la plus emblématique, représente un homme sur un cheval, dessiné de profil, le buste de face, tenant dans sa main un bouclier et des javelines. Lors de sa découverte par S. Hachi dans la région
de Aïn El Hammam, il a été difficile de la dater. Elle fut d’abord attribuée à l’art gréco-romain. Puis, l’Abbé Chabot situa son origine à la période postérieure à l’époque romaine. Il a fallu
attendre la découverte d’une stèle à Toudja (région de Béjaïa) pour pouvoir dater ces stèles qui datent du IIIe-IIe siècle après J.C.
Ces dernières fournissent des informations importantes sur les modes de contrôle du territoire à l’époque romaine, les types de relations que les tribus entretenaient avec l’autorité centrale, la
nature du rôle joué par les chefs lybiques dans les relations entre les populations autochtones et les autorités romaines...
Le troisième article, «Le Librator Nonius Datus et la construction de l’aqueduc de Saldae» traite de la période romaine. En 137 ap. J.C., Saldae, (Béjaïa), se dote d’un équipement d’utilité publique : l’aqueduc de Nonius Datus pour alimenter en eau la région de Béjaïa à partir de la source de Toudja. Axée essentiellement sur une approche archéologique, l’étude de Tahar Hamadache poursuit plusieurs objectifs de recherche : pallier le manque de documentation archéologique ; mettre en lumière les méthodes et les dispositifs techniques utilisés pour la tunnelisation des galeries souterraines ; mettre au jour les savoir-faire techniques de la période romaine en matière hydraulique ; identifier et décrire les techniques de construction ; recenser les erreurs de creusement...
Dans le quatrième article intitulé «La hidjaba d’Ibn Khaldun et son séjour dans la ville et sa région»,Xavier Ballestin examine l’influence de l’expérience de Béjaïa dans la formation de la pensée postérieure d’Ibn Khaldun. Lorsqu’il vivait à Bigaya, il était hagib (chambellan) de l’Emir Ab’Abd Allah Muhammad b. Abi Bakr. Il enseignait également à la mosquée de la Citadelle (gami al-qasaba) et prononçait la khutba (prêche) du vendredi. L’Emir, qui était en conflit avec l’Emir Abal’Abbas de Quassantina, avait mauvaise réputation dans sa ville car il était sévère. Lorsqu’il fut assassiné, Ibn Khaldun quitta Bigaya. Selon X.
Ballestin, la référence à Bigaya apparaît dans Al Muqaddima, lorsque Ibn Khaldun donne un avis sur la ville, ses atouts et sa position géographique. Il existe également d’autres aspects dans son œuvre où l’influence de son séjour à Béjaïa est évidente. Mais la référence à cette ville semble être absente. Après Béjaïa, Ibn Khaldun va refuser toutes les offres pour participer aux affaires d’Etat. Cet épisode va néanmoins lui permettre de réfléchir sur les affaires de la dawla dans les Etats du Magrib. Et c’est à partir de l’expérience de sa higgaba à Bigaya qu’il se consacrera à l’écriture de la Muqaddima et du Kitab al ’ibar. Dans le cinquième article, «M'hammad Al Zawawi : Fils de Béjaïa, saint manqué ?», Jonathan G. Katz examine les raisons de l’échec de Muhammad Al Zawawi, soufi et faqih, qui a déclaré avoir vu dans un rêve le prophète Mohammed, pour la première fois, au Ramadhan 851 (novembre 1447). Il aurait parlé plusieurs fois au Prophète. Ces conversations ont été consignées dans un journal intitulé «Tuhfat al-nazir wa-nuzhat al-manazir» sous forme d’une collection de 109 visions.
Muhammad Al Zawawi n’a inspiré aucune tariqa. Il était «un wali sans partisans». Et de son vivant, il n’eut aucune reconnaissance. Est-ce à cause de ses idées ? De sa personnalité ? Ce saint
raté, à qui on refusait d’attribuer le titre de «wali Allah» était-il d’avant-garde ? Telles sont les questions auxquelles l’auteur tente de répondre à travers cette étude.
Le sixième article, consacré à l’histoire sociale et religieuse de la région de Béjaïa, traite de la période transitoire
avant la conquête coloniale, soit de la fin du XVIIIe début du XIXe siècles. Tilman Hannemann tente d’évaluer le rôle et la contribution de la Tariqa Rahmaniya dans la réorganisation de l’Islam
mystique entre 1750 et 1850, et la transformation du paysage religieux dans la région de Kabylie.
Le fondateur de la Tariqa en Kabylie, Muhammad Ben Abderrahman, s’est initié à l’Islam mystique en 1750. Il adhère à la Bakriya, courant du soufisme, branche du Caire et s’investit auprès du Shaykh Muhammad ben Salim al-fini ou al-ifnawi (m. 1181-1767). Après avoir passé six années à Dar Fur, au Soudan, il est envoyé dans son pays natal, le Djurdjura, pour poursuivre sa mission de propagation de la Tariqa qui rencontre un grand succès grâce aux réseaux religieux et économiques. Selon l’auteur, plusieurs facteurs ont facilité l’établissement de la Rahmaniya en Kabylie, favorisant un renouveau confrérique : l’accessibilité de la doctrine de la Tariqa ; l’utilisation de la langue vernaculaire et de la poésie kabyle pour propager la politique religieuse et les conceptions mystiques et l’érudition classique en matière de fiqh. La Rahmaniya a imprégné la société de ses enseignements car les adeptes ont réussi à répandre un sentiment général dans la société que «le savoir islamique n’était pas seulement l’affaire d’une élite, mais qu’il restait fondamentalement accessible à tout le monde».
Belkhadem and Co
- C'est gratuit, je fais du bénévolat cette semaine.
Le fleuriste s'en alla tout content.
Le lendemain, en ouvrant sa boutique, le coiffeur trouva à sa porte une carte de remerciements et une douzaine de roses.
Plus tard, c'est le boulanger qui se présenta pour se faire couper les cheveux. Quand il demanda pour payer, le coiffeur lui dit :
- Je ne peux accepter d'argent : cette semaine, je fais du bénévolat.
Heureux, le boulanger s'en alla tout content, et le lendemain, déposa à la porte du coiffeur une douzaines de beignets, avec un mot de remerciements.
Puis, ce fut le député de l'alliance présidentielle tendance Belkhadem qui se présenta ; et lorsqu'il voulut payer, le coiffeur lui répondit :
- Mais non, cette semaine c'est gratuit : je fais mon bénévolat ! Très heureux de cette aubaine, le député quitta la boutique.
Le lendemain, quand le coiffeur arriva pour ouvrir, une douzaine de membres du parlement attendaient en ligne pour se faire couper les cheveux gratuitement...
Voila mes amis, la différence fondamentale entre les citoyens de ce pays et les politiciens qui nous gouvernent.
les fortunes des dirigeants arabes
La fortune de la famille d'Hosni Moubarak, le chef d'Etat égyptien, est évaluée entre 40 et 70 milliards de dollars selon le quotidien anglais The Guardian, qui cite des experts du Moyen-Orient. La Suisse a décidé de geler "avec effet immédiat" les avoirs que pourraient détenir dans la Confédération le président égyptien démissionaire et son entourage.
La fortune du monarque saoudien est estimée à 18 milliards de dollars selon le magazine Forbes, une fortune à la hauteur de la capacité pétrolière de l'Arabie Saoudite (20% des réserves prouvées d'or noir)
Cheikh Khalifa Ben Zayed al Nahayan est à la tête d'Abou Dhabi et des Emirats arabes unis depuis novembre 2004. Sa fortune est estimée à 15 milliards de dollars par Forbes
Chassé du pouvoir le 14 janvier dernier, l'ancien président de la Tunisie a été à la tête du pays pendant 23 ans. La fortune du clan Ben Ali est évaluée à 5 milliards de dollars. La justice tunisienne a ouvert une enquête judiciaire pour 'acquisition illégale de biens' et 'placements financiers illicites à l'étranger' contre le président déchu et sa famille.
Dubaï a longtemps été considéré comme un modèle économique pour la région. Ne dépendant pas des richesses pétrolières, l'émirat a misé sur le commerce, l'immobilier, le tourisme et la logistique entre autres, pour devenir une plaque-tournante dans la région. Il a toutefois été rattrapé violemment par la crise fin 2009, frôlant la faillite. Son souverain possède une fortune évaluée à 4,5 milliards de dollars.
Mohammed VI dirige le Maroc depuis la mort de son père, Hassan II, en 1999. Sa fortune est évaluée à 2,5 milliards de dollars par le magazine Forbes.
insolites
Un journaliste Français sur le front à BRIGA décrit le spectre du bourbier libyen... Des djihadistes montent au front libyens Parmi eux, des anciens détenus de Guantanamo, dont l’ancien chauffeur d’Oussama Ben Laden, qui seraient tous aujourd’hui sur le front "avec la bénédiction de tonton SAM". La plupart viennent de Darna, une ville côtière dans l’est de la Libye. Cette bourgade de 80.000 habitants est celle, de tout le monde musulman, qui aurait fourni le plus de djihadistes en Irak. C’est ce que rapporte une liste de 600 combattants étrangers prise à Al-Qaida par les Américains en 2007: Parmi les rebelles un homme, perché sur une dune, est en alerte son visage envahi par une longue barbe noire est tourné vers les positions ennemies. Kalachnikov en bandoulière sur une longue djellaba, il communique des ordres par téléphone satellite. Protégé par des rebelles en treillis on ne peut l’approcher.Il combat pour soi disant Allah.Ce combattant est l’un de ceux qui font hésiter l’Amérique à fournir des armes aux rebelles. Al-Qaida, selon la CIA, serait en train d’infiltrer les rangs de la révolution libyenne. la question gêne: "Nous avons des combattants sur le front qui ont été liés à Al-Qaida", admet,l'Iman Bugaighis, la porte-parole du Conseil national de transition, ils combattent aujourd’hui uniquement pour la libération de la Libye. Quant à l’éventuelle présence d’Al-Qaida sur le front, le cheikh élude la question: "Kadhafi a bien enrôlé des mercenaires tchadiens pour tuer son peuple, donc nous, on peut ramener qui on veut. Al-Qaida a bien compris: le premier jour de la révolution, une vidéo de l’organisation terroriste montrait quatre Jeep chargées d’armes en route pour la Libye. Après les premières frappes de la coalition, Al-Qaida saluait les rebelles tout en critiquant l’intervention étrangère qualifiée de "croisade moderne
camus à Cannes
«La pensée d’un homme est avant tout sa
nostalgie.»
Albert Camus "Extrait de Le mythe de Sisyphe"
Contrairement à l’année dernière, l’Algérie ne sera pas présente dans la sélection officielle du Festival de Cannes 2011. En revanche, un film coproduit par l’Algérie «Le Premier homme» de Gianni Amelio, avec Jacques Gamblin et Claudia Cardinale, qui évoque les derniers jours
d’Albert Camus, est pressenti pour être en sélection au 64e Festival de Cannes, qui se déroulera du 11 au 22 mai prochain. Une maigre consolation pour la présence cinématographique algérienne.
Car, contrairement à ce qui a été avancé sur l’émission de Canal Algérie, aucun film algérien n’est sélectionné à Cannes.
Par ailleurs, on évoque la présence probable en sélection parallèle, du réalisateur franco-algérien Rabah Ameur-Zaïmeche avec «Les Chants de Mandrin». L’auteur de Wesh wesh a réussi depuis
quelques années à tisser son réseau sur la Croisette. A quelques jours seulement de l’annonce de la sélectionn officielle, des rumeurs sont déjà publiées dans la presse. Les plus sûrs d’être
présents à la Croisette sont les ex-primés de Cannes qui sont toujours portés favoris: Lars von Trier avec son dernier film
«Melancolia», avec Charlotte Gainsbourg et Kirsten Dunst, Pedro Almodovar, «La Peau que j’habite», adaptation d’un roman de
Thierry Jonquet avec Antonio Banderas, Aki Kaurismaki «Le Havre», avec André Wilms et Kati Outinen ou encore les frères Dardenne «Le Gamin au vélo» avec Cécile de France et Jérémie Renier et enfin «Habemus Papam» de Nanni Moretti. Le cinéma français, toujours en lice avec trois longs métrages, verra
peut-être la programmation de «L’Ordre et la morale» d’un revenant: Mathieu Kassovitz, qui revient sur le massacre de la grotte d’Ouvéa, en Nouvelle-Calédonie. On parle aussi du film, «Le Moine» de Dominik Moll, avec Vincent Cassel, de «L’Empire» de Bruno Dumont ou encore «Les Bien-aimés» de Christophe Honoré. Mais le
film francais le plus attendu à Cannes demeure «La Conquête» de Xavier Durringer, qui montre les coulisses de la campagne
présidentielle de Nicolas Sarkozy. Le nouveau patron du Festival de Cannes, Thierry Frémaux a, selon certaines médias, sélectionné les nouveaux longs métrages d’Ulrich Seidl «Paradise», Nuri
Bilge Ceylan «Il était une fois en Anatolie», Andrea Arnold «Les Hauts de Hurlevent» et Alexander Sokourov «Faust». Le cinéma russe sera également fortement présent à travers le nouveau long
métrage d’Alekseï Guerman «Il est difficile d’être un dieu» accompagné du troisième volet de «Soleil trompeur» de Nikita Mikhalkov. Côté yankee, on sait déjà que Woody Allen présente hors
compétition et en film d’ouverture son nouveau film,
«Minuit à Paris». L’Italien Paolo Sorrentino devrait présentera son premier film américain, «This Must Be a Place», avec Sean
Penn en ex-rock star qui parcourt les États-Unis pour se réconcilier avec son père, un ancien Nazi. Il y aura aussi probablement «Tree of Life» de Terrence Malick et l’auteur de Palme d’or pour
«Elephant», Gus van Sant avec «Restless».
Walter Salles qui vient de finir le montage de «Sur la route», adaptation très attendue du roman de Jack Kerouac est également
pressenti à Cannes, le plus important rendez-vous de cinéma au monde
M’hamed Issiakhem
A l’occasion du 25e anniversaire de la disparition du talentueux artiste peintre M’hamed Issiakhem, l’institution muséale d’art moderne et contemporain, le Mama, a édité un beau livre de référence intitulé M’hamed Issiakhem, A la mémoire de...
L’ ouvrage publié sous la direction de Djaâfar Inal, l’un des fidèles compagnons du regretté artiste peintreM’hamed
Issiakhem renferme des textes signés par l’ancienne conservatrice du Musée national des beaux-arts d’Alger, Mme Malika Dorbani
Bouabdellah et des photographies de Boualem Hammouche. A travers ce beau livre en couleurs de 104 pages, le potentiel
lecteur ne peut être qu’admiratif devant cette sélection d’œuvres picturales, accompagnées de commentaires constructifs. Dans un genre de texte introductif intitulé «Issiakham entre épopée et conjoncture», Malika Dorbani Bouabdellah souligne que le regretté peintre compte parmi
les artistes qui ont incarné, par le biais de la peinture, le rêve de modernité et de renouveau que l’indépendance de
l’Algérie en 1962 promettait de réaliser.
«Vivant, Issiakhem s’acharnait lui-même à porter haut cet exercice qui retombait chaque fois sous le poids de la vacuité du débat… La méthode des sciences comparées serait légitime si, élaborée selon les critères objectifs, elle nous révélait les inconnues de leur art. Heureusement, leurs œuvres les sauvent de la mort, en soumettant au jugement les valeurs et les qualités intrinsèques qu’elles véhiculent. Les temps changent et le regard s’émancipe aussi malgré les vents sporadiques et contraires à son envergure». La peinture de M’hamed Issiakhem découle de la douleur et de la souffrance. Ses œuvres parlantes témoignent d’un vécu poignant. M’hamed Issiakhem excellait dans les portraits.
Dans ses portraits photographiques de la première période, écrit Malika Dorbani Bouabdellah, «c’est un jeune homme aux yeux de
lynx et au regard perçant, heureux, crevant l’intelligence, de désir, de rage de vaincre et de posséder, comme s’il scandait avant l’heure les poèmes de Kateb Yacine. Il ne tardera pas longtemps
à rencontrer ce dernier, à devenir son ami et à s’inspirer de lui. Dans cette photographie, le regard de la jeunesse algérienne s’éveillait au nationalisme». Dans une autre photo de famille apparemment heureuse, détaille l’auteur, on aperçoit Issiakhem enfant bien portant dans une pose déjà caractéristique, la main gauche sur la hanche.
Dans une autre photographie de groupe, explique-t-elle, on est en face d’un adolescent de vingt ans à l’allure exubérante.
La peinture de M’hamed Issiakhem connaîtra différentes déviations multiformes à Paris. Il intègre l’Ecole des beaux-arts de Paris en 1953. En témoigne son certificat de scolarité. «On retrouve dans ses œuvres un écho de la figure féminine, de l’expressionnisme, de la monochromie, des tons et des pâtes modulées, ainsi que les tendances sarcastiques de ses deux professeurs, Raymond Legueult et Edouard Goerg», lit -on en page 39.L’artiste peintre est décédé le 1er décembre 1985 à l’âge de 57 ans, en laissant derrière lui un legs inestimable. Pour la spécialiste Malika Dorbane Bouabdellah, Issiakhem a inauguré son entrée sur la scène artistique avec son premier autoportrait et avant de partir, «il a fait ses adieux exactement de la même façon, par le biais d’un ultime Autoportrait III. Il s’en allé en nous gratifiant d’un dernier regard, non plus le reflet de lui-même comme d’habitude, ni pour un bilan définitif ou une sublimation désormais inutile. Il se retourne vers nous, à moitié informe, décharné et sans énergie».
Il est à noter que l’«Autoportrait III» est l’une des œuvres majeures de l’artiste peintre à Alger, peintes entre deux séjours parisiens lors de ses douloureuses séances de chimiothérapie.M’hamed Issiakhem, A la mémoire de… est un beau livre de référence, qui sera d’un apport incontestable pour la génération actuelle et future, voulant en savoir davantage sur ce artiste hors pair qui était en avance sur son temps.
USMAnnaba 1 MCSaida:But de Benchabane
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La grotte Cervantes à Belcourt
Un élément naturel historique de la banlieue de la Médina D’El-Jazair au 16éme siècle est la grotte refuge du prestigieux écrivain espagnol Miguel de Cervantès (1547-1616), auteur de l'immortel
roman "Don Quichotte de la Manche", édité en 1605.
Cette grotte toujours accessible est située dans la commune de Belouizdad (Alger) où elle est nichée dans un creux de la falaise qui domine la plage de la baie d’Alger.
La restauration et l'aménagement de ce lieu naturel et historique ont été récemment réalisés grâce au mécénat de la société Espagnol Repsol. Ce lieu dont s’est inspiré l’écrivain dans ses écrits
est composé de 4 parties distinctes: la grotte, préservé dans un état proche de son origine, l'abri, le balcon offrant une vue féerique sur la baie d'Alger et l'esplanade. Ce dernier lieu fut
aménagé par le passé pour en rendre l'accès plus facile. En son milieu est érigée, grâce à la communauté espagnol algéroise, une stèle depuis 1887 en hommage au captif d'Alger.
Miguel de Cervantès a passé cinq ans à Alger, après avoir été capturé le 26 septembre 1575 alors qu’il était de retour vers l’ Espagne à bord de la galère Sol après son séjour de Naples. Une
flottille turque commandée par Arnaut Mamí (ie. Mami l'Albanais), le fit prisonnier avec son frère Rodrigo alors qu’ils naviguaient à hauteur de la Costa Brava. Ramenés à Alger, Cervantès est
attribué en tant qu'esclave au grec Dali Mamí. Le fait de trouver en sa possession les lettres de recommandations qu'il portait de la part de don Juan d'Autriche et du Duc de Sessa fit penser à
ses geôliers que Cervantes était quelqu'un de très important et qu’en échange ils pourraient obtenir une bonne rançon. Le prix de sa libération fut fixé à Cinq cent écus d’or. Au cours d’une
deuxième tentative de fuite, Cervantes ainsi que ses compagnons devaient se cacher dans la grotte en attente d'une galère espagnole qui viendrait les récupérer sur la plage d’Alger. La galère qui
tenta de s'approcher deux fois de la plage fut prise par les gardes du roi d’Alger Hassan Pacha. Découvert Cervantès fut alors mis sous surveillance.
De retour dans son Pays après le rachat de sa liberté par le Trinitaire Juan Gil en 1580, il se consacrera à l'écriture jusqu’à sa mort en 1616.
Jardin essai
Le Jardin du Hamma,
été créé dès 1832, mais les aménagements actuels ont été dessinés, en 1929, par l' architecte
français Régnier. Il présente, dit-on plus de 3.000 essences différentes. Le Jardin du Hamma, dont une partie est affectée à la
culture des plantes de pépinières, abrite les services de l' Institut national de la recherche agronomique.

