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Djurdjura Club de Boghni

TikjdaAlgérie - Station Touristique.il était une fois le paradis

31 Janvier 2012 , Rédigé par dcboghni.over-blog.com

 


                                      

Malgré son état actuel, Tikjjda figure parmi les lieux féeriques d’Algérie Qui oserait nier n’avoir pas été subjugué par la beauté insaisissable et irrésistible de ce site? Qui, de tous les visiteurs qui y ont mis les pieds, n’a pas été envoûté par l’irrésistible charme de cette fiancée du Djurdjura?
Si en hiver, la station touristique et sportive de Tikjda, dans sa sublime beauté drapée de son burnous blanc est envahie par les visiteurs, en été, par contre, c’est une tout autre image qui se présente. La fonte des neiges dévoile tout le site. Alors, la beauté des panoramas hivernaux, n’est plus tout à fait celle de l’été. Une réalité qui vient contredire l’image des paysages qu’on s’imagine et qu’on se construit à travers des cartes postales. De ce fait, la station touristique de Tikjda qui se situe à 1475 m d’altitude, au centre du Parc national du Djurdjura, à une vingtaine de kilomètres au nord-est du chef-lieu de wilaya de Bouira, peine à dévoiler son vrai visage aux centaines de visiteurs qui s’attachent en dépit de tout, à ce paradis, un lieu de prédilection pour les amoureux de la beauté de Dame nature.
Cependant, il ne reste de cette féerie que le souvenir des années fastes du tourisme algérien quand Tikjda, au summum de sa splendeur, faisait le bonheur des touristes. Qui donc n’a pas été subjugué par la beauté irrésistible des lieux?
Le bonheur des années 80, une époque où le site était la destination des touristes de différents pays du monde, a pris fin avec l’avènement du terrorisme au début des années 90. Et depuis, c’est le chaos.
Le lent réveil de Tikjda
En dépit de l’état des lieux, le plaisir reste toujours immense. Vivre une journée sur les hauteurs de Tikjda, entraîne mille et une joies. Pour goûter aux délices de la montagne et de l’air frais, le mieux est de se lancer dans une promenade, au milieu des gigantesques rochers et sous l’ombre des cèdres séculiers. Que ce soit en hiver ou en été, l’unique échappatoire restant aux riverains de ce site est de prendre un peu d’altitude. Moins d’oxygène peut-être mais cela vaut le coup. Une bouffée d’air frais suffit pour oublier les bruits assourdissants des villes. Pour se rendre à Tikjda, il ne faut surtout pas compter sur les transports publics.
Contrairement à la saison d’hiver où des transporteurs assurent la navette chaque week-end, il n’y a rien en été. Chacun pour soi et... Dieu pour tous.
Nous étions chanceux de trouver un transporteur, ce jeudi-là. Grâce à un camionneur, nous avions déjà parcouru la moitié du chemin, puis un autre véhicule nous a déposés au niveau de la station de Tikjda. Arrivés sur place, nous étions presque les premiers, ce jour-là. Quelques familles, qui ont passé la nuit à l’hôtel Djurdjura, commencent à sortir. «Nous sommes ici depuis quelques jours, c’est le meilleur endroit pour se reposer et oublier le bruit des villes», a dit une personne que nous avons rencontrée sur place. «C’est rare de trouver un endroit calme comme Tikjda», a-t-elle ajouté.
 Le constat quant à l’état du site n’est pas reluisant. En dehors du Centre national de sport et loisirs de Tikjda (Cnslt), une infrastructure destinée à accueillir les sportifs pour des séances de préparation physique, les lieux laissent à désirer. Comme si la saison d’automne qui bat son plein, semble tout envahir.
Une auberge et une piscine. C’est tout ce qui a été restauré. Le reste garde toujours les stigmates de la tragédie. Rappelons qu’au milieu des années 90, alors que la barbarie battait son plein, la conjoncture a voulu que Tikjda soit mise à feu et à sang par les hordes terroristes. Il a fallu une dizaine d’années pour que les choses commencent à redevenir comme avant. Mais depuis 2002, date de la réouverture d’une partie de ce site, les choses n’ont pas vraiment évolué, comme si quelque chose ne tournait pas rond.
«Il n’y a vraiment rien à voir. Les choses ont beaucoup changé ces derniers temps. En revanche, si on remonte aux années 80, à l’époque où des touristes du monde entier y venaient, il y a de quoi être triste aujourd’hui», nous confie un père de famille. Ceux qui ramènent leurs enfants, sont confrontés au manque flagrant des aires de jeux. Celles qui existent datent de plus d’une vingtaine d’années. Il y a aussi le cadre environnemental de ce site qui se dégrade de jour en jour. Cela est dû aux estivants, pour qui le respect et la préservation de l’endroit ne constituent pas un souci majeur. Un habitué des lieux, rencontré sur place, affirme que parler de Tikjda est une longue histoire, ou une vraie légende personnelle. «Il y a des moments où j’ai envie de pleurer. A chaque fois que je reviens ici, j’ai le coeur serré. Un endroit paradisiaque comme Tikjda, jadis prisé par des milliers, voire des millions de gens, se trouve à la traîne, c’est inadmissible», regrette-t-il. Passer la moitié de sa vie au milieu de ce site naturel et féerique, puis, d’un coup, se retrouver comme si de ne rien n’était, c’est ce qui peut arriver de plus dur à une personne dont l’amour de la montagne comble le quotidien.
A quelques centaines de mètres de là, Tighzert, une autre image de la dégradation. C’est là que se trouve le fameux chalet de Kef, dont la carcasse tient toujours debout, témoin oculaire de la décennie la plus folle de l’histoire d’Algérie, sans susciter l’intérêt des hautes instances de l’Etat pour lancer quelque projet de réhabilitation. Ce qui ne figure pas, d’ailleurs, à l’ordre du jour.
Hôtel Djurdjura, en attendant un plan de rénovation

Malgré tout ce qui se dit, la vie commence à reprendre, timidement. La rénovation de l’auberge et de la piscine, cela constitue un apport très important pour redonner une impulsion au site. Ouverte au grand public en 1983, l’auberge qui appartient à l’EGT-Centre, a une capacité d’accueil de 18 chambres doubles, un restaurant de 100 places et une cafétéria-bar de 50 places. Après une fermeture qui a duré environ dix ans, l’établissement a rouvert ses portes en 2002. Avec la remise en marche de cette infrastructure, des visiteurs y viennent passer des nuits. Et les lieux commencent déjà à connaître une certaine animation. Les prix sont abordables. Le directeur de l’hôtel, optimiste qu’il est, ne cache pas sa satisfaction quant à ce qui a été réalisé jusqu’ici. 2000 DA une nuitée, c’est le prix de la location avec un petit-déjeuner. Côté menu, il est très varié. Il y a aussi, du côté de l’hôtel Djurdjura, notamment l’annexe, des appartements et d’autres chambres à louer. Leur nombre s’élève à 6 appartements et 10 chambres. Question prix, on ne trouvera pas mieux. Pour les appartements à quatre personnes, la nuitée est fixée à 4500 DA, petit-déjeuné et dîner inclus. Quant aux chambres, la nuitée est de 2000 DA. Et ce, sans parler du service que tout le monde apprécie. D’autre part, malgré ce retour à la normale à une cadence plus au moins lente, beaucoup de choses restent à faire. S’agissant de l’hôtel Djurdjura, construit en 1977, il a été mis à sac par les terroristes durant la tragédie nationale. Sa rénovation tarde à voir le jour. Pourtant, les rumeurs n’en finissent pas sur une éventuelle volonté de le remettre en état. Il est actuellement en ruine. Force est de constater également l’abandon des télésièges et de la remontée mécanique, qui, depuis des années, se trouvent dans un piteux état. Ni touristes, ni skieurs n’ont bénéficié de ces équipements.
Pour conclure, il est urgent d’agir, rein que pour redorer le blason terni par la force des choses d’un site touristique unique en Algérie. Et ainsi permettre à des milliers de familles algériennes de voyager, non pas à l’extérieur, mais à l’intérieur du pays et découvrir la beauté et la diversité de notre patrimoine touristique. Tikjda, après cela, deviendra une source, non seulement de détente et de repos, mais aussi de rentrées d’argent. En attendant que les officiels s’y mettent pour redorer le blason d’une station féerique, l’hiver, qui ne tardera pas de régner en maître, apportera plus de neige. Histoire d’admirer la beauté de Tikjda, le temps d’une saison.
Source L’Expression

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